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Yummy yummy yummy, I got Crohn’s in my tummy

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Pour cette nouvelle crohnique, je souhaitais revenir sur un aspect plus brut, plus concret de la maladie : repas et convivialité. Comment se comporter au restaurant quand se nourrir signifie souffrir ? Comment composer avec une maîtresse de maison qui s’est affairée toute la journée aux fourneaux pour ne pas la vexer, l’appétit manquant ? Au-delà des symptômes, le quotidien avec Crohn devient rapidement compliqué dès qu’il s’agit de socialiser autour d’une table.

Paradoxalement, je pensais que l’intolérance au gluten serait la pire des contraintes alimentaires, notamment de ce point de vue : fini le resto italien, les brunchs en terrasse avec les copains… Mais au contraire, ce type d’intolérance tendant à se développer, la plupart des gens sont désormais bien informés des tenants et aboutissants d’un tel régime. Crohn, en revanche, demeure une maladie méconnue tant sur ces implications physiques que ses répercussions psychologiques. Or le rejet de la nourriture en fait indéniablement partie.

Au commencement, suite au diagnostic, le déni l’emporte : hors de question de se compliquer la vie davantage en se restreignant, d’autant plus quand on est jeune. Pis, il semblerait que certains “spécialistes” ne se donnent même pas la peine d’informer leurs patients des aliments à éviter pour éviter de provoquer l’inflammation d’intestins déjà bien abîmés. Mon ostéo me racontait encore récemment comment l’un de ses patients, 20 ans, continuait à dévorer des pizzas et à descendre des litres de bière avec la bénédiction de son gastro-entérologue. Ce type de témoignage me laisse littéralement sans voix. Ou m’a plutôt donné envie de faire porter la mienne ! Vivre comme si de rien n’était est loin d’être une solution à long terme. Seulement voilà, le long terme, à 20 ans, ça ne parle pas… On s’enferme alors dans une spirale infernale et silencieuse dans laquelle la socialisation prend le pas sur la condition physique. On mange des choses que l’on ne digère pas, par peur d’être identifié comme différent, par crainte d’être associé à cette maladie pas franchement glamour, par souci de ne pas vouloir contraindre l’ensemble de la tablée…

Puis la condition de santé s’aggrave : à force de faire travailler dur des intestins malades, pour les raisons précitées et tant d’autres, les parois de ceux-ci s’épaississent et ne font qu’aider le Crohn à parasiter l’ensemble du tube digestif. Cette prise de conscience, qui peut être fatalement tardive, engendre une phase de repli sur la nourriture “friendly”, celle qui ne provoque aucune douleur. Dans le top 3 figurent incontestablement le riz, les biscottes et les compotes pomme-banane. Telle a été la base essentielle de mon alimentation pendant des mois (et ce pourquoi les caissières de chez Monoprix me prenait pour une grande obsessionnelle). Un dîner entre amis ? Je mangeais avant. Un resto ? Je rejoignais pour le dessert ou le café. Un système pas des plus évidents quand il s’agit de s’intégrer.

Au final, le plus simple, surtout quand on a affaire à une maladie aussi lourde et méconnue, c’est de l’expliquer. Vos nombreux témoignages d’affection et de soutien relativement à ce blog me l’ont encore confirmé : l’ignorance est un bien vilain mal que seuls les mots peuvent palier. C’est ainsi que l’une de mes consoeurs pintades, la plus fooding de toutes, a relevé avec brio le défi de m’intégrer à toutes les tablées, en me demandant au préalable ce que je pouvais/voulais manger. En me faisant un petit gratin sans oignons, dans un plat à part. Une autre pintade m’a même conviée à un repas mexicain (!) avec des portions spéciales sans épices pour composer mes fajitas. Comme quoi tout est possible dès lors qu’on ose en parler. Partager, n’est-ce pas l’essence même d’une belle tablée ?

Un mot pour mon chapon qui a su au quotidien me faire retrouver l’appétit malgré les nausées et le système digestif en charpie, et qui seul sait comment remplir le frigo même quand ça ne va pas… Et un grand merci à ma Queen Mum qui s’efforce de comprendre ce que je mange/ce que je ne mange pas et d’organiser les repas familiaux en fonction. ♥ ♥

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5 Comments Join the Conversation

  1. D’ailleurs, en parlant de Mummy, il est temps d’enlever le post-it “Kim/oignons/champignons/poivrons” qui trône toujours sur le frigo :)

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      • Exact. Une vie sans melon ne vaut pas la peine d’être vécue.

      • I just had a colonoscopy at age 31 and they found nhntiog, yet I am sick everyday: intestinal bloating, nausea, excessive gas, constipation, occasional diarrhea, putrified-looking stool, occasional black stool, mucous in stool, long narrow stool with severe cramping, and stool coming out like large pellets. What is wrong with me???

    • Thank you so much for sharing this recpie, it is awesome! The first time I made it my husband was less than enthusiastic about hearing that we were having Chicken Pot Pie for dinner, but once he tasted it, he and all of us were hooked . I had totally forgotten about how much I enjoy Chicken Pot Pie since being on SCD. I also tried using coconut milk instead of almond milk, and it was very good. I really appreciate your blog, it has been so helpful to me .

      Reply

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