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“Kim. Ptite Kim. Kimou.”

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L’article qui suit a été rédigé par l’une des personnes qui me connaît le mieux sur cette planète et qui a traversé, depuis notre rencontre à l’université, la maladie à mes côtés. Son soutien a toujours été inconditionnel et je suis particulièrement émue par ses mots, si justes, si spontanés. Merci du fond du coeur pour ton amitié. Voici donc le témoignage d’une amie si précieuse qu’elle a osé prendre sa plume et décrire sa vérité aux côtés de la crohnie que je suis.

The following post has been written by one of the people who knows me best. Since I met her in college, she’s been by my side for better and for worse. Her support with my Crohn’s has always been the most dedicated. I’m sincerely overwhelmed by her words: she managed to actually describe how it has been all the way. Thank you for everything about our friendship. Here is the testimony of a friend who dared writing her own truth, our own truth indeed, about living by the side of a young crohnie.

♥♥♥

Kim, ptite kim, kimou. Ptite kim, Kimou, Kim. Je n’arrive pas à me décider de l’ordre dans lequel présenter ces trois appellations. Un prénom, deux surnoms qui, à mon sens, représentent parfaitement une seule et même personne, trois facettes indissociables pour décrire Kim. Tâche que je vais tenter de ne pas trop rater…

Kim, « ptite kim », kimou. « ptite kim », Kimou, Kim. I really can’t decide in which order I would like to present these designations. This first name, those two nicknames are to me one and the same person, three inseparable faces to describe Kim. Let’s try to explain this clearly…

Septembre 2009. Entrée en 2ème année à Sciences Po, l’insouciance et les joies du Sud de la France étaient nos maîtres mots. Je n’ai pas de souvenirs précis de notre rencontre, ni des premiers liens qui se créent au début d’une amitié. Je visualise son appartement, cet endroit qui est rapidement devenu ma 2ème maison au cours de cette année. Le canap’, ce fameux dans lequel je me pose à chaque fois que je vais squatter chez Kimou (excusez mon langage familier, mais c’est lui qui exprime le mieux l’ambiance dans laquelle je veux nous replonger). Les poutres apparentes, la table basse en permanent bazar, les amandes, les zams, la musique, et nous voilà parties pour des heures. Des discussions sans fin, sur tout sujet. Parfois des heures de Wii où je m’acharne à être systématiquement la dernière. Des allers et venues des uns et des autres, c’est la maison du bonheur. Kimou, quand je l’ai rencontrée, elle venait tout juste, quelques mois auparavant, d’être diagnostiquée de la maladie de Crohn.

Back to september 2009. 2nd year of college at Sciences Po, the insouciance and the pleasures of Aix-en-Provence were our master words. I can’t remember the first time we met, neither how we became friends in the first place. I just picture her apartment, this place that soon became my second home during this particular year. The sofa, this one in which I chill each time I’m going on Kimou’s home. The exposed beams, the messy low table, the almonds, the “zams”, the music and here we are for hours. Endless talks about anything from personal thoughts, feelings and tastes to world affairs. Sometimes, hours playing Wii even if I was always the last on Mario Kart races. Everybody was coming in and out, it was a pretty happy place. When I met Kimou, she had just been diagnosed with Crohn’s disease a few months ago.

Autant vous dire que je n’avais pas la moindre idée de ce que cela pouvait signifier et impliquer. Je me suis toujours dit qu’il est particulièrement difficile de comprendre les autres, et au-delà de les comprendre, de se mettre réellement à leur place si on ne partage pas une histoire de vie similaire. L’art de l’empathie, de la compassion, est également un travail quotidien de longue haleine. Comment faire sentir à quelqu’un à qui vous tenez, que vous souhaitez l’alléger/comprendre ses peines, ses souffrances, ses moments de solitude, malgré un mode de vie opposé au vôtre, le sien étant notamment contraint à l’époque par des attaques intempestives et répétées de Crohn. Qui plus est quand vous n’avez comme principale préoccupation que de savoir à quelle heure sera l’apéro ce soir. Je me suis souvent pensée inutile, j’ai ragé de ne pouvoir prendre concrètement sur moi un peu de ce poids qu’elle portait. Crohn, c’est celui qui passe inaperçu aux yeux de tous et empoisonne la vie de celui qu’il habite. Crohn, s’il est un duel farouche avec le corps qu’il a décidé d’investir, est aussi un défi permanent pour les gens qui entourent le/la Cronhie en question. C’est une leçon d’humilité, qui force à réellement appliquer ces jolis principes de tolérance, patience, douceur et joie de vivre desquels on se réclame souvent sans avoir toujours conscience de ce qu’ils signifient pour de bon, « en vrai ».

 I absolutely had no idea of what it could imply. I’ve always thought that it is really difficult to understand people, and beyond understanding, to truly put yourself in another person place if you’re not living the same thing yourself. Empathy, compassion is a long-term and daily work. How to make someone feel you care, that you want to ease her pain, her lonely moments, despite the fact that your way of life is strictly opposed to hers. When she was constrained by some regular and inopportune Crohn’s attacks, my main concerns were organizing drinks with friends. I often felt useless; I raged not to be able to concretely carry a part of her burden. Crohn’s is the one that goes unnoticed for everybody and that ruins the life of the one whose body it sickens. Crohn’s isn’t only a fierce everyday duel: it also is an ongoing challenge for people close to the cronhie. It teaches us humility, it actually makes us apply all the nice values – as tolerance, patience and kindness – which we often claim they are ours without really having the consciousness of what they truly mean.

J’ai eu la chance, d’une certaine manière, de voir Kim évoluer avec sa maladie, depuis des débuts chaotiques à la fameuse et tant attendue rémission. Cette rémission, à mes yeux, est bien plus qu’un terme médical officiel (bien que cette confirmation clinique si positive soit « bueno super bueno ») ; c’est une rémission psychologique, une acceptation franche et entière de la maladie et de ses conséquences. C’est une Kim « boute-en-train », une Pintade enthousiaste et grandie que j’ai le plaisir et la fierté de côtoyer aujourd’hui. Une cronhie assumée, finalement.

In some way, I got the chance to see Kim evolving with her disease, from the chaotic beginnings to this holy expected remission. The remission is for me a lot more than the official medical term (even if the clinic confirmation is damn good news); it is in fact a psychological remission, a whole and frank acceptance of the illness and its consequences. From now on, it is an always positive Kim, an enthusiastic and mature chick that I have the pleasure to know. She embraced her disease, and I’m proud of my friend.

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Je ne vous fais plus attendre, voilà la déclinaison des trois appellations labellisées Lisa Kim Peres. Kim, l’entrepreneuse. Un bout de femme très à l’aise, leader, oratrice, sérieuse, consciencieuse, parfois même trop stricte avec elle-même et les autres, dure et tranchante dans ses jugements. Ptite Kim, la grande sensible et trop peu confiante en elle (elle est bien cachée, je sais), doutant de tout et de tout le monde, anxieuse à se rendre malade. Kimou, la détente, la marrante, la douce, une des personnes qui a le chic de m’apaiser dans les moments de tempête intérieure. Nous y voilà !

I’m not going to let you wait anymore: here is the declination of the three designations I give to Lisa Kim Peres. Kim, the entrepreneur, who is a sociable woman, a leader, a serious and meticulous person, that sometimes is too harsh on herself and others, but also in her judgements. “Ptite Kim”, the way too sensitive girl who lacks self confidence (she is hidden deep down, I know!) and who doubts everything and everyone, that gets sick because of her anxiety. Kimou, the funny and gentle one, one of my friends that always succeeds in calming down my owm anxieties. Here she is!

Une de mes phrases préférées, avec laquelle je serine les oreilles de tous ceux qui ont le malheur d’avoir une discussion avec moi sur la vie et ses aléas, clora une fois de plus mon propos : la roue tourne.

One of my favourite quotes, which I’m drumming into the ears of anyone having a discussion with me about life, will once again conclude my words: the wheel turns. 

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